Pour donner des gages de confiance à ses clients européens, Microsoft complète son offre « Sovereign Cloud » en proposant de faire fonctionner en local des environnements Azure et Microsoft 365, et des modèles d’IA.
Crédit : visuel généré par IA, Microsoft Copilot, via ZDNET.FR
Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, Microsoft et les autres géants du numérique n’ont de cesse de donner des gages de confiance.
Des trois géants du cloud, Microsoft est celui qui a le plus à perdre compte tenu de son ancrage historique au sein des entreprises européennes depuis près de 43 ans. Fin avril, Brad Smith, président de Microsoft, se fendait d’un très long billet de blog pour rassurer ses clients de l’autre côté de l’Atlantique.
La firme de Redmond prévoit des investissements massif pour construire de nouveaux datacenters sur le Vieux Continent ou renforcer les moyens de protection techniques et organisationnels afin préserver la confidentialité de nos données.
L’impossible immunité aux lois extraterritoriales ?
Un discours qui se veut rassurant mais ne convainc pas sur le sujet sensible de l’exposition aux lois extraterritoriales de type FISA, Patriot Act, ou Cloud Act. Elles autorisent les agences de renseignement américaines à accéder aux données d’individus situés hors des frontières étatsuniennes.
Sur ce point, Microsoft ne peut que s’engager à « contester toute demande gouvernementale concernant l’accès aux données des clients du secteur public ou des entreprises de l’UE, lorsqu’il existe une base juridique pour le faire. »
A défaut de base juridique, il est possible de concevoir des offres répondant le plus possible à l’enjeu de souveraineté. C’est tout le sens de l’annonce de Microsoft d’un renforcement de son offre dite Sovereign Cloud, présentée l’an dernier.
Dédiée aux organisations européennes, elle fournit des solutions de cloud public ou privé qualifiés de souverains avec la garantie que « les données des clients restent en Europe, sous législation européenne, avec des opérations et un accès contrôlé par le personnel basé en Europe, et un chiffrement entièrement sous le contrôle des clients. »
Exécuter des modèles multimodaux localement
Microsoft entend aller plus loin avec un renforcement de cette offre Sovereign Cloud en proposant des environnements déconnectés de son cloud public. Avec « Azure Local disconnected operations », les entreprises et les acteurs publics peuvent faire tourner leurs infrastructures critiques avec les outils de gestion et de conformité d’Azure, sans avoir besoin d’être relié à son cloud.
Idem avec « Microsoft 365 Local disconnected ». Les charges de travail liés à aux services de la suite collaborative – Exchange Server, SharePoint Server et Skype for Business Server – peuvent fonctionner directement dans un cloud privé souverain. « Avec Microsoft 365 Local, les équipes peuvent communiquer, partager des informations et collaborer en toute sécurité dans le même périmètre contrôlé que leur infrastructure et leurs charges de travail d’IA », avance Microsoft dans un communiqué.
Troisième pierre à l’édifice, « Foundry Local » ajoute des capacités d’infrastructure pour intégrer des modèles d’IA. Il sera possible pour les organisations clientes d’« exécuter des modèles multimodaux localement sur leur propre hardware, dans des limites souveraines strictes, ce qui permettra une inférence IA locale puissante dans des environnements entièrement déconnectés. »
L’intégration de Foundry Local à Azure Local permet de prendre en charge des modèles à grande échelle utilisant les derniers GPU de partenaires tels que Nvida. « Microsoft fournira une assistance complète pour les déploiements, les mises à jour et la santé opérationnelle », précise le cloud provider.
La réponse à AWS
Ce renforcement de l’offre Sovereign Cloud est une réponse de Microsoft au leader mondial du cloud public. Mi-janvier 2025, AWS lançait « European Sovereign Cloud », une offre conçue pour fonctionner en autarcie totale vis-à-vis des États-Unis.
Un lancement qui s’accompagne d’investissements massifs pour la création de nouveaux datacenters. Pour autant, les ponts juridiques entre l’entité européenne et sa maison mère américaines ne semblent pas totalement coupés.
Microsoft s’est associé, en France, à des partenariats nationaux qui proposent les capacités de Microsoft 365 et Microsoft Azure dans un environnement détenu et exploité de manière indépendante.
Coentreprise créée par Orange et Capgemini, Bleu exploite un « cloud de confiance » destiné aux acteurs public français et aux entreprises maniant des données sensibles, conçu pour répondre aux exigences de la qualification SecNumCloud, délivrée par l’Anssi.
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